23.04.2007

le goût de la défaite, le parfum de la Victoire

Aujourd'hu, 22 avril 2007, j'ai assisté à la défaite de François Bayrou dans sa course à l'Elysée. Lui, qui voulait redonner à la France ses lettres de noblesse s'est fait battre par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, la démocratie a parlé, il est temps de respecter le choix de la majorité. Et pourtant, cette défaite pourrait sembler amère mais elle ne l'est pas. Ce qu'à fait Monsieur Bayrou est tout simplement incroyable, il a réussi à faire prendre conscience à 6 millions d'élcteurs qu'une nouvelle voie était possible, une voie qui pourrait unir les français et non les diviser. Peut-être n'étaient-ils pas prêt psychologiquement à essayer ce changement, il leur faut sûrement encore un peu de temps pour se faire à cette idée nouvelle, celle qui amènera notre pays sur les chemins de la réforme et non sur ceux de la guerre civile. Cette défaite a le goût de l'espoir, celui d'un avenir qui se construit et qui se construira avec l'union nationale. L'espoir de voir une France intègre, où la justice retrouvera la totalité de ses pouvoirs. Montesquieu à dû perdre l'esprit depuis des décennies, les lois ont été trop souvent baffouées, et elles le seront sûrement encore pendant 5 ans, mais les français ne seront pas dupes bien longtemps, bientôt ils ouvriront les yeux et verront à la façon de Saint Thomas que les promesses qu'ont leurs avaient faites ne pourront être appliquées. Et alors, la colère grondera de nouveau, le tonnerre et le tumulte résonneront dans les rues de Paris. Les grévistes marcheront en cadence. A la façon des militaires, ils défileront. Leurs pas telle une symphonie ou un requiem annonceront la fin des illusions, le centre et ses idées, aujourd'hui piétinés par les monstres médiatiques reviendront en force, la gauche et la droite ne pourront plus rivaliser, ils seront dépassés. La Révolution Orange, la vague s'élève, l'écume et les embruns ont éclaboussés les digues de l'ancien régime. A la prochaine tempête électorale, elles s'effondreront. Le déluge causé par la rupture de ces anciennes structures nous débarrassera une fois pour toute de cette corruption, de ces clientélismes, de toutes ces administrations scélorésés, de tous ces médias manipulateur et manipulés ainsi que de tous ces politiciens post-soixanthuitard qui auront contribué à noyer la France. Et qui aura bu la tasse de cette eau si salée? Oui, nous, les Français! Désabusés que nous sommes par la défaite de François Bayrou, il ne faut pas baisser les bras. Cette défaite n'est autre que la première pierre de notre avenir. Celui de tous les Français, celui de ceux qui croient encore aux vertus gravées sur les frontons de nos écoles. Ces mêmes écoles où nous nous sommes forgés nos esprits critiques et républicains.  

22.04.2007

Les Français et les Anglais dans la drôle de guerre

               Les relations franco- anglaises dans la drôle de guerre août 39- mai 40

 
Ce que l’on appelle drôle de guerre c’est  la période qui va du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940, durant laquelle les armées alliées franco-anglaises et l’armée nazie ne s’affrontent pas. C’est ce prélude à la seconde guerre mondiale qui à reçu le nom de drôle de guerre. Le nom même de drôle de guerre viendrait peut être de Roland Dorgelès alors correspondant d’un journal sur le front, mais d’autres pensent qu’il s’agirait d’un contresens phonétique, puisque les britanniques parlaient de « Phoney war » ce qui signifie : guerre bidon. Du côté allemand c’est le nom de Sitzkrieg ou de guerre assise. Pour comprendre cette période de non-guerre sur le front Occidental, il nous faut faire un constat d’impuissance des démocraties, malgré cet état de fait, on peut voir que la donne n’est plus la même depuis les accords de Munich de septembre 1938. Les deux alliées de l’entente cordiale, se souviennent de leur victoire dans la guerre qui aurait du être « la Der des ders ». Nous verrons ainsi que la mise en place d’une stratégie commune ressert les liens existant entre la France et l’Angleterre, ces deux grandes puissances qui encore en 1931 lors de l’exposition colonial à Paris se disputaient sur la prédominance de leur empire. Puis nous verrons d’un peu plus près comment se déroulait la drôle de guerre au quotidien pour ces deux alliées de 14-18 afin d’essayer de répondre à la question comment cette drôle de guerre marque t’elle à la fois l’apogée et le point de rupture des relations franco anglaise ?  


                                    I-      Un constat d’impuissance
   
a-le contexte internationale

Pour l’ambassadeur français Charles Cochin, le changement de politique des Anglais après le coup de force contre la Bohème  est selon ses dires « un miracle ». Elle fit comprendre aux Anglais que la négociation avec Hitler était impossible et qu’il valait mieux une guerre qu’une capitulation diplomatique. Mais c’est tout le reste du globe qui s’agite, le Japon agresse la Chine, l’Italie envahit l’Albanie le 5 avril 39. le 17 avril des conversations diplomatiques entre l’Allemagne et l’Union Soviétique sont engagées. On peut voir dés lors que les deux grandes puissances que sont la France et l’Angleterre ne sont pas impliquées directement dans ces conflits. Il sont  exclus de la scène mondiale. Ceci se confirme notamment avec les annulations des accords  naval anglo-allemand de 1935 et celui de non agression germano-polonais de 1934. Mais un des actes les plus conséquent reste le remplacement du poste de commissaires aux affaires étrangères Russes Litvinov par Molotov.  En effet Litvinov avait été un partisan d’un rapprochement de l’URSS avec les démocraties occidentales. Il avait réussit en 1935 à signer avec Laval un pacte franco soviétique, mais il avait aussi soutenu vigoureusement à la SDN le principe de la sécurité collective. Son remplacement par Molotov marque un changement de politique de la part de Staline qui souhaite se rapprocher de l’Allemagne hitlérienne au dépens de l’Angleterre et de la France. Malgré tout le 23 juillet 39, la France, l’Angleterre et la Russie approuvent un projet d’assistance mutuelle si un des trois pays était attaqué. Entre temps Ribbentrop le ministre des affaires étrangères Allemand signent avec son homologue Italien Ciano, le pacte d’acier qui unit les deux plus puissantes dictatures d’Europe en invitant le Japon à les rejoindre. Mais c’est bel est bien la signature d’un pacte de non agression entre Ribbentrop et Molotov dans la nuit du 23 août qui fait apparaître la fragilité des deux puissances occidentales. Leurs faiblesses extérieures traduisent  plus le manque d’une cohésion politique intérieure face à la conjoncture internationale qu’autre chose.
 
                                          b-  les instabilités politiques
 
Après l’invasion de la Pologne, pour que les démocraties ne perdent  pas la face sur le plan internationale, ils leurs fallaient déclarer la guerre. En France, le gouvernement Daladier était divisé entre munichois et anti-munichois, ce que l’on appelait les « mous » et les « durs ». Le 13 septembre, Daladier remanie son, ministère, il écarte les pacifistes, on peut citer le cas de Bonnet, qui était le ministre des affaires étrangères. Paul Reynaud , ministre des finances représentait ce côté va t’en guerre de la France. On en déduit que l’opinion française est assez divisé sur son entrée en guerre, puisque les pacifistes entretenait l’espoir d’une possible négociation diplomatique avec l’Allemagne. Mais, il ne faut pas oublier la signature du pacte germano-soviétique, les premiers visés en France sont les communistes, qui suivent les directives de Staline, dès lors 60 des 67 députés communistes ainsi que  le sénateur Marcel Cachin furent déchus de leur mandat. Le premier secrétaire du parti Maurice Thorez  alors sergent sur le front s’exil en russie. Très vite il y’a cette volonté d’union nationale, et c’est la paix entre l’U.R.S.S et la Finlande le 13 mars 40, entraîne la chute du gouvernement Daladier le 20 mars, c’est Paul Reynaud, qui devient le nouveau président du conseil. Une de ses premières décisions fut de créer un cabinet de guerre, avant de se rendre en Angleterre pour un conseil suprême interallié capital.( on y reviendra un peu plus tard). De l’autre côté de la manche, l’Angleterre ne veut plus entendre parler d’Hitler, il représente la nouvelle menace continentale. A ce titre lorsque que le 6 octobre le dictateur allemand proposa une paix, le refus de Chamberlain traduisait le ‘non’ farouche de tout un peuple . Mais Chamberlain qui avait du braver les impopularités ne montraient pas l’image du Bull dog dont avait besoin l’Angleterre, très vite c’est Winston Churchill qui s’imposa dans cette nouvelle image et de nombreuse images de propages montrent Churchill en Bull Dog . Churchill est à la fois membre et chef de parti des conservateurs, il a cette image de têtu notamment pour avoir défendu l’entente avec la France, mais avait aussi était le seul à prendre au sérieux le danger allemand plus que ne l’était le communisme Stalinien. Devant sa popularité, Chamberlain le nomma dès la déclaration de guerre ministre de l’amirauté, et dans toute la Navy « le mot d’ordre était « Winston is Back »  Winston est de retour. Lloyd Georges restait  son seul rival potentiel au poste de premier ministre, mais lorsqu’ Hitler fit ses offres de paix il se disqualifia en étant  favorable à une politique de conciliation.     
                                        

                                   c-   une impuissance militaire ?

Après avoir réglé les instabilités politiques et remis un semblant d’ordre intérieur, il restait un problème majeur, l’armement. En effet après la guerre 14-18, les Français et les Anglais sont las de la guerre. Le pacifisme devient le nouveau mot d’ordre. En France le meilleur moyen de montrer au monde cette exemple à suivre se fait au travers d’une politique de désarmement. Beaucoup d’anciens combattants sont devenus des internationalistes. C’est ce renouveau politique qui est la cause majeure de Munich et de l’abandon de la Tchécoslovaquie. Mais il ne faut pas oublier qu’une guerre se fait avec des armes et en septembre l’Allemagne aligne 103 divisions environ 2 millions six cent mille hommes tandis que la France peut compter sur 90 divisions de la métropole et 20 de ses colonies, donc un total de 110 divisions environ 2 millions sept cent soixante seize mille hommes. Les Anglais malgré le rétablissement de la conscription ne peuvent aligner que 4 divisions. Par contre le point fort des alliées reste la marine avec une capacité de 514 navires de guerre contre 103 allemands. D’autres part une nouvelle conception stratégique voit le jour après 14-18. Les divisions blindés, les anglais n’en ont aucune, les Français n’en ont qu’une tandis que les Allemands en ont 5. Les pièces d’artillerie sont en nombre élevées pour les Français mais le manque de canon anti-char se fait cruellement ressentir ; D’autres part le développement de l’aéronautique à pris du retard en France et en Angleterre, l’Allemagne 2,5 fois plus d’appareils que la France qui ne dispose pas de matériel moderne. Ce retard est du à une industrialisation artisanale, que seul les nationalisations et la concentration des entreprises avaient pu revitaliser sous le front populaire en 1936. Pour Daladier, cet état d’infériorité devrait subsister jusqu’en 1941, c’est à dire jusqu’à la modernisation de tout l’appareil de production. Malgré cette infériorité qualitative et quantitative de la France et de l’Angleterre face à l’Allemagne qui elle semble prête aussi bien militairement que stratégiquement pour la guerre. Les alliés décident le 3 septembre 39 de déclarer la guerre ensemble à Hitler, mettant ainsi en avant la mise en place d’une stratégie commune


II- Vivre la drôle de guerre au quotidien

                                        a- La ligne Maginot : symbole d’une conception défensive

Sur les 5 millions d’hommes mobilisés, 3 millions se trouvaient dans l’armée, les deux autres millions eux se trouvaient dans les dépôts ou services de l’intérieur. Très vite ces mobilisations font apparaître une crise de l’économie, en effet en France les secteurs d’activité principaux restent l’agriculture et l’industrie. Le gouvernement français fût obligé de rappeler 135 000 ouvriers spécialistes pour faire redémarrer la machine de production mis à part cela ceux qui étaient sur le front laisse une certaine image d’ennui. La plupart ne sont pas des soldats, et pendant la période de la drôle de guerre, il ne font pas la guerre, on ne les entraîne pas et on ne leur apprend même pas à la faire.On peut donc dire que L’ennui restaient leur principal ennemi. Très vite ils se trouvèrent des activités diverses, chasse au renard,  football…. Donc le soldat n’était plus un soldat, l’alcool remplaça l’eau et on a pu constater dans les gares, des centres de déséthylisation. Tout cela pour montrer que la discipline sur le front était inexistante et que les soldats n’étaient pas prêt aussi bien militairement que psychologiquement à faire la guerre, cela traduit le manque apparent d’autorité des officiers supérieurs à encadrer leurs hommes. La France était fière de sa ligne Maginot, une ligne fortifiée de l’Est de la France, qui aurait du être poursuivie le long de la frontière Belge mais qui ne se fit pas en raison d’objections de la Belgique. Cette ligne, en 39-40 pour le haut commandement français impose un sentiment de sécurité voir même d’invincibilité contre toute attaque. Elle ne représente pas seulement une simple ligne de défense, elle matérialise la conception stratégique de la France à savoir  l’Attente. Ce qui s’oppose de très loin à la conception stratégique Allemande qui elle se prépare à une guerre de mouvement.


                                                        B -    la vie à l’arrière

  Il faut s’imaginer  que la vie quotidienne à l’arrière n’était pas facile, le père ou le mari était sur le front. L’émancipation des femmes n’était pas encore d’actualité,  et les hommes restaient  donc ceux qui apportaient la paie, mais très vite l’arrière se féminise, les épouses remplacent leur mari à leur bureau, dans les ateliers ou autres. Mais petit à petit la guerre qui n’en était pas vraiment une, laisse place à la reprise d’une vie quasi normale. Quasi normal car, il fallait s’habituer à voir les musées vidées de leurs œuvres, de voir les monuments recouverts de sacs de sables, ou se promener dans des parcs ou stationnent des canons anti-aériens, c’est le cas à Hyde Park en plein cœur de Londres. Dans les rues des abris souterrains font leur apparition. Mais c’est le port obligatoire des masques à gaz qui rappellent aux français qu’ils sont en guerre, le port du masque était obligatoire, l’infraction entraînée des sanctions. En parallèle on sait que le gouvernement avait instauré deux jours sans viandes obligatoire et dès le mois de février 40 on peut voir l’introduction des cartes de rationnement. Très vite, dès le 11 septembre 39, les premières troupes britanniques arrivent en France, leur présence rassure les habitants proche de la frontière cela signifie que la France n’est pas seule dans la guerre, le moral des habitants est au plus haut,  En Angleterre c’est tout autre, en effet des le premier septembre, l’Angleterre déclare un black out totale, c’est à dire qu’il n’y a aucune lumière à partir du coucher du soleil. Les deux premières semaines tout les divertissements publics avaient été supprimés. Le rationnement des denrées alimentaires le 8 janvier 40, comme le sucre, le beurre, le jambon furent les plus ressentis, l’essence avait elle aussi été rationnée des septembre mais elle redevint libre en décembre ce qui traduit un certain sentiment de non- guerre. Dès le 24 août 39, le gouvernement se fait attribuer par le parlement des pouvoirs spéciaux. Une loi sur l’état d’urgence fut votée, elle donnait le pouvoir d’arrêter, de punir et de juger toutes personnes qui s’opposerait aux mesures prises par le gouvernement concernant la  sécurité et la défense. Il faut avoir à l’esprit que cette loi s’opposait à l’esprit d’indépendance des Anglais, et que pour accepter cette loi ils avaient vraiment dû se sentir menacés. Tout cela traduit bien d’une certaines impuissance, caractérisée le 20 janvier par l’appel de Churchill qui presse les neutres de se joindre aux alliés.  La Grande Bretagne a peur.

            c - La presse et la propagande : deux  maîtres mots du contrôle de l’opinion publique

    La presse  et l’édition sont mise sous le contrôle de la censure dès le 28 août 39, son but protéger le secret militaire, mais  aussi d’empêcher la diffusion d’information pouvant porter atteinte au moral de l’arrière. Ainsi ont peu voir que les gouvernements Anglais et Français créent ce que l’on appelle un commissariat général à l’information le 29 juillet 39, en France c’est Jean Giraudoux un diplomate de carrière qui en devient le haut commissaire. Il est le responsable de la propagande de guerre, le 4 avril 40 il devient le président d’un conseil supérieur de l’information. Sa mission organiser des conférences de presse ou des reportages sur le front pour toujours veiller au bon moral des français. Un autre aspect de ce contrôle se retrouve aussi dans le contrôle des lettres, conversations téléphoniques, et télégrammes. En France le contrôle est assurée par le 5ème bureau de l’Etat-Major des armées. C’est à dire que l’on filtre les nouvelles qui vont aussi de bien de l’arrière au front que celles qui vont du front à l’arrière. Après l’étude de ces lettres, le ministère de la Défense peut se faire une idée générale de l’état d‘esprit des Français. La radio est aussi un moyen de propagande efficace puisqu’il existe une trentaine de stations pouvant diffuser des dizaines d’heures de programmes. Hitler a déclaré qu’ « en attisant les inquiétudes de l’opinion publique française, il pourrait amener la France à n’utiliser ses armées que trop tard, voire à ne pas les utiliser du tout ». Ainsi Goebbels fait diffuser sur les ondes hertziennes des programmes en direction de la France à caractère Anglophobes. Le but Allemand est de rallier la France à sa cause et d’isoler l’Angleterre, qui paraît être l’ennemi numéro un de l’Allemagne. Ainsi on peut voir une affiche allemande qui met un Français et un Anglais au bord d’une piscine, ils comptent jusqu’à trois avant de se jeter à l’eau, mais seul le Français à sauter et pas l’Anglais, cela montre le fait que pour les allemands, les anglais se servent des français à des fins personnelles comme exemple on peut citer ce slogan Allemand qui connut un certains succès «Les Anglais se battront jusqu’au dernier français » . Mais à cette propagande anglophobe, le gouvernement français doit mettre en œuvre une campagne anglophile, c’est ainsi par exemple que dans le journal du 3 septembre lors de la déclaration de guerre, en dernière page, on peut remarquer une demie page qui vante le livre « les dix petits nègres » d’Agatha Christie. Et pourtant la place manque sur les journaux puisque depuis le 2 septembre 39, ils ont été réduit à une taille de 4 pages. L’opinion publique est conditionné, ce qui permet à l’arrière de retrouver une vie quasi normale. Maintenant que l’on vient de voir les aspects quotidien de la drôle de guerre. Il est intéressant de voir que la propagande n’empêche pas de pouvoir constater une certaine impuissance des démocraties.           
                    
                             III – La mise en place d’une stratégie commune

a-La déclaration de guerre

  La guerre est officiellement déclarée à 17h. Il est dit que l’Allemagne y entra avec résignation, la Grande-Bretagne avec résolution, et la France avec hésitation ou plutôt à reculons. En effet, l’ennemi de l’Angleterre c’est Hitler, il représente celui qui a déshonoré l’Angleterre en obligeant les Anglais à capituler diplomatiquement à Munich. Pour la France c’est l’Allemagne, en tant que nation, sa volonté la ruiner pour rester la seule maître du continent. Mais la France est elle prête à se sacrifier pour Varsovie alors qu’elle n’a pas bougé après Prague ? La France fut elle aussi humiliée par la prise de la Tchécoslovaquie, puisque les deux pays étaient liés par un traité d’alliance. Le pacte germano-soviétique permet à Hitler d’être libre sur le front de l’Est contrairement à 1914 où l’Allemagne était pressé sur deux fronts à la fois. Mais l’Angleterre et la France sont effarées puisqu’elle s’était engagées à  garantir la sécurité de pays comme la Grèce, la Roumanie et la Pologne. Dès le 1er  septembre, l’armée Allemande lance une offensive contre la Pologne, l’honneur des démocraties est une nouvelle fois mis en cause, les dirigeants franco anglais ne veulent pas d’un deuxième Munich. Donc le lendemain, la mobilisation générale était déclarée, et le 7 septembre, ce que la Propagande française a appelé une offensive, est lancée par le général Gamelin dans la Sarre, en direction de la ligne Siegfried. Après s’être enfoncé de 8km est rencontré quelques mines, l’offensive est rappelée à la frontière. Aucune résistance allemande n’était à rapporter. Mais devant une incapacité militaire flagrante, la guerre prend un autre tournant, l’Angleterre et la France sont les deux premiers empires économiques du monde, très vite ils sont suivis par les autres la Nouvelle Zélande, l’Australie, suivent l’Angleterre, le Canada  les rejoints le 10 septembre, la guerre prend dès lors une tournure mondiale. Mais la guerre s’ouvre sur un nouveau front, celui pour lequel les deux alliés sont imbattables : l’économie.        



b-Une stratégie d’ordre économique


« nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » tel est le slogan de Paul Reynaud au printemps 40. La confiance revient, La France se relève de la crise, l’industrie française est en plein boom économique, sa production aéronautique explose. On peut donc penser à cette époque que le temps joue pour les démocraties, c’est ainsi que la France et la Grande Bretagne rentre dans une stratégie de guerre longue, voulant étouffer économiquement l’Allemagne. Pour ce faire il compte sur leurs richesses économiques, leurs ressources coloniales, l’addition de leur population qui doit permettre d’accélérer l’outil de production. La supériorité des alliés repose sur une guerre économique et non militaire, la puissance navale doit servir à maîtriser les mers afin d’empêcher le ravitaillement de l’Allemagne qui manque cruellement de matière première. C’est dans cette perspective qu’un assaut franco- britannique est envoyé en Norvège à Narvik en avril 40, dans l’objectif de couper la route de ravitaillement du fer Suédois qui alimente 43% des aciéries allemandes. Le but premier est d’acculer l’Allemagne à la ruine, la conduire à la pénurie totale et à l’effondrement. On comprends dés lors mieux la stratégie attentiste employée par la France et l’Allemagne. Les alliés une quatrième arme tout aussi puissante que l’armée, la marine et l’aviation, c’est la banque. En effet les eux pays font tout ce qui est en leur pouvoir pour ralentir la baisse de l’encaisse métallique des Banques de France et d’Angleterre. Jean Monnet devient pour ce faire le président du Comité de coordination des programmes des achats alliés afin de contrôler les importations pour éviter le double achat, il s’agit en fait de mettre au point une économie Franco britannique unilatérale. Ce genre de Comité avait aussi été crée lors du premier conflit mondial.
   La grande nouveauté dans les relations entre les deux pays fait suite à l’accord du 4 décembre 39, qui permet à chacun de puiser dans les ressources métropolitaines et coloniales de l’autre, de façon illimité et sans avoir à effectué des transferts d’or. Le but de cet accord est de diminuer les achats en devises fortes. Un autre avantage des français et des anglais repose sur le fait qu’il s’agit de deux pays riche en or, et les américains dont la politique reste l’isolationnisme, décident le 4 novembre 39, de modifier leur lois sur leur neutralité, notamment en levant l’embargo sur les ventes d’armes aux belligérants à la condition qu’ils payent en dollars ou en métal précieux, c’est à dire comptant, tout en assurant eux même le transport. On a vu que la marine anglaise et a ce moment la seule à pouvoir s’assurer le contrôle de l’Atlantique, mais cela montre aussi que la position américaine n’est pas aussi neutre qu’il y paraît, et laisse au démocraties menacées l’espoir d’une intervention américaine. Tout cela tend à montrer que le conflit prend des dimensions mondiales et non  plus seulement européennes. C’est un avantage par rapport à Hitler qui lui est obligé de se limiter aux ressources continentales. Maintenant nous allons essayer de voir de plus près en quoi consister l’alliance alliée au travers du conseil suprême interallié.

                      
                                           C –   une alliance ambiguë

  Malgré tout l’alliance franco–anglaise est en place, la meilleure preuve visible en est le conseil suprême allié qui existe entre les deux nations. Les Anglais arriven,t officiellement en France le 11 septembre, le  12 septembre se tenait la première séance, demandée par les Anglais dès le 3 septembre. C’est Churchill qui le premier voulu rapprocher les deux pays. La déclaration de Daladier va dans le même sens «  une telle réunion va servir à renforcer la confiance mutuelle entre les deux gouvernements ». Les rencontres ont lieu aussi bien à Paris qu’à Londres, ceux qui participent sont les généraux des deux armées ainsi que les différents protagonistes politiques. On peut citer Gamelin en tant que commandant en chef, Churchill en tant que premier lord de l’amirauté mais comme l’avait dit Clemenceau  « la guerre est une chose bien trop importante pour la confier à des militaires », on peut dès lors remarquer la présence de Neville Chamberlain, Paul Reynaud. En tout se furent 69 personnes qui participèrent au 9 séances plénières qui se tinrent jusqu’au 27 avril 1940.  Le 11 novembre à Paris avait lieu à Paris une exposition qui rappelait la coopération franco-anglaise de 14-18. La volonté d’une alliance était clairement établie, mais malgré tout on peut voir que les deux alliés devaient faire face à leurs images d’anciens maître du monde, ainsi  les Anglais sont pour que les Français passent à l’offensive contre l’Italie, le maillon faible de l’axe, mais les français ne veulent pas déclarer la guerre à l’Italie qui reste neutre pendant toute la période de la drôle de guerre, pour ne pas à avoir à couvrir un front supplémentaire. Mais lors des séances du conseil suprême les Français essayent d’orienter les actions offensives de son territoires. Très vite, les Français proposeront d’ouvrir une tête de Pont de Salonique comme en 1915, il y a aussi les volontés de tarir les sources d’approvisionnement de l’Allemagne en pétrole soviétique, en favorisant une attaque contre Bakou, la royal marine veut miner le Rhin pour boucher l’artère économique du Reich. Ils émettent aussi l’idée de bombarder la Rhur, mais toutes ces idées sont refusées par l’un ou  par l’autre, seule l’opération en Norvège fut acceptée par les deux alliés.  François Bédarida parle d’un « blocage réciproque des initiatives ». Le bombardement sur le Rhur se soldera par un largage de tract sur les populations allemandes, il s’agit de ce que l’on appela « la guerre des confettis ».  On peut donc voir que les deux nations ne sont pas vraiment entré dans la guerre, la stratégie défensive n’est pas forcément un but commun, dès lors devant l’indécision des dirigeants c’est l’Attente qui domine la période de la drôle de guerre. Des plans ont bien sur étaient mis en avant, comme la possibilité d’attaquer l’U.R.S.S en Finlande. C’est à dire provoquer une guerre contre la Russie. On peut donc y voir un manque réel d’objectifs communs, mais plus la mise en avant des buts personnels ou chacun se sert de l’autre pour arriver à ses propres fins.C’est la raison majeure qui fait que l’alliance est nécessaire.

19.04.2007

un peu d'histoire médiévale

 

Les réformes militaires de Charles VII

 


  1. L’instauration de l’armée permanente


  1. le problème des écorcheurs

  2. la mise en place des compagnies d’ordonnances

  3. Pourquoi une milice de francs archers ?


  1. La gestion d’une armée de longue durée


  1. l’imposition permanente pour une armée permanente

  2. l’entretien et le contrôle de l’armée

 

 

III- Est-ce un outil d’avenir ?


  1. La reconquête du royaume

  2. A qui profite cette armée « permanente » ?

  3. Basin critique, quel est son intérêt ?



En1439, une ordonnance rappelle le double monopole royal de la fiscalité et du recrutement des gens d’armes. Dès lors les deux notions sont indissociables l’une de l’autre, la guerre nécessite la mise en place d’une imposition pour financer la guerre, et la mise à disposition d’homme pour la faire. Déjà Charles V avait essayé d’instaurer une armée quasi-permanente par le biais du recrutement de gens de guerre copié sur l’endenture Anglaise. Mais ce système laissa derrière lui un goût amer, puisqu’une fois la paix restaurée, ces gens de guerre se retrouvaient au chômage, et se mettaient à piller pour survivre. Ces réformes n’ont pas survécu aux guerres civiles qui opposèrent les Armagnacs et les Bourguignons. Après le traité d’Arras signé entre Charles VII et le duc de Bourgogne en 1435, la guerre civile prend officiellement fin. Le problème des routes laissés pour compte ressurgit au grand jour et la trêve de Tours conclu avec le roi Anglais en 1444 confirme ce chômage des gens de guerre. Mais, elle permet au deux rois de se préparer efficacement pour l’assaut final. En France, Charles VII en profite pour réduire les nuisances internes causées par les routiers. En 1439, il tente une mise au pas de ces écorcheurs mais c’est un échec. En 1445, les caisses sont pleines, l’instauration d’une politique de réforme est donc envisageable. La Grande Ordonnance, prend forme en mars- Avril 1445, elle définit une nouvelle structure militaire du royaume de France.

Une ordonnance est au sens large un acte émanant du roi, au sens restreint on appelle ordonnance tout acte législatif visant à réformer le royaume aussi bien sur des sujets comme les eaux et les forêts que sur la conduite du royaume en la réglementant. L’institution des compagnies et de la milice des francs-archers s’inscrit dans la mise en place d’une armée permanente.

Nous étudierons ce changement par le biais de trois textes, dont deux de Thomas Basin. Cet auteur est né à Caudebec en Caux, en Normandie en 1412, il est issu d’une famille de marchand, son enfance est un peu agitée, il est obligé d’errer de ville en ville puisque les Anglais et les Français s’affrontent en Normandie. Entre 1413 et 1437 fait des études d’arts et de théologie. Dès 1437, il devient recteur de l’église paroissiale de St Germain de Corville au diocèse de Rouen. Il va en Italie, où il séjourne à Bologne, il y fréquente la Curie papale, où il met en avant un projet de croisade contre les Turcs. De 1439 à 1440, il est en mission en Hongrie. En 1441, il quitte l’Italie pour Rouen. Thomas Basin nous fournit un point de vue critique sur les réformes, il nous fait un portrait contrasté de Charles VII. Il est l’auteur d’une histoire de la vie de Charles VII et d’une histoire de Louis XI, deux ouvrages écrit en latin. Il est aussi l’auteur de sa propre Apologie. Basin est une source importante, notamment pour comprendre la reconquête normande puisqu’il est évêque de Lisieux jusqu’en 1448. l’autre texte est une reproduction de « la petite ordonnance » d’avril 1448, elle concerne la mise en place d’une infanterie de francs-archers. Ce texte est en français, il est destiné à la population. le prévôt était tenu de le crier sur la place du marché pour mettre les habitants au courant de son contenu.. Si ce texte n’est pas écrit en latin, c’est parce qu’il n’est pas destiné à une petite partie de l’élite cultivée, cela ne concerne pas les nobles, elle vise à informer les « petites gens », qui doivent en faire partie.

Est que la création d’une armée permanente est un outil défensif dont le but ultime est de servir à restaurer la paix, ou est-ce qu’il s’agit d’une manœuvre politique dont le but est d’instaurer les prémices d’un absolutisme royal ?

Pour ce faire nous étudierons la mise en place de cette armée permanente ; sa gestion, et nous tenterons de voir si cette institution peut être un outil d’avenir au travers de l’opinion de Basin.




I - L’instauration de l’armée permanente



a - le problème des écorcheurs



Après Arras, les soldats ne recevaient plus leur solde, ils étaient démunis. Malgré tout ils restaient en bandes. (l 1-3) « Ayant ainsi conduit hors du royaume de France, alors ruiné et misérable, cette multitude ». Basin expose ce que Monstrelet appelait « les écorcheurs ». Ces hommes d’armes, qui après les traités de paix se trouvaient sans revenus, faute de guerre pour être rémunérés. Dès lors, leur seul moyen de survivre reposé sur le pillage et le rançonnement des villages sur lesquels ils se trouvaient. Mais, ce phénomène n’était pas une nouveauté apparu sous le règne de Charles VII.

Par le passé, Charles V, avait été confronté à ce même problème ; pour s’en débarrasser le bon roi les emmena se battre sur des fronts extérieurs. «(l 2-3) « et l’ayant installée dans les riches territoires de Lorraine et d’Alsace ». Nous voyons que Charles VII, pour l’instant utilise une politique identique, puisque la Lorraine et l’Alsace n’appartiennent pas au royaume de France. L’Alsace étaient agitée par les cantons Suisses rebelles qui était sous l’autorité du Duc D’Autriche, tandis que, la Lorraine et plus particulièrement la ville de Metz était contrôlée par le comte de Vaudémont.

Charles VII se battait au côté de son beau frère le Duc d’anjou. On peut donc voir qu’en pillant ces régions, les intérêts des rois et princes ne sont pas forcément mis à mal.


L’écorcherie n’a pas l’air si néfaste, puisque ses hommes permirent au dauphin de vaincre les Suisses à Saint Jacques-de-la-Bisse sans être rémunérés. En récompense ils furent décimés dans des embuscades, et la paix de Metz restaura le statu quo entre les deux royaumes. On peux y voir plusieurs aspect, l’écorcherie n’est pas un phénomène incontrôlable comme semble vouloir le décrire Basin. Le problème de terreur fut « liquider » (l 5-7) « à moins que la divine providence ne détourne de nous ce malheur dont la plupart, dans leur débilité d’esprit ne s’aperçoivent même pas ». Le problème que l’on peut remarquer repose dans le fait que ces hommes remportent des victoires ponctuelles, mais qu’ils sont impuissant sur le long terme, faute de ravitaillement. Bien sur la terreur causée par ces hommes est résolue, mais le roi perd une quantité d’hommes de valeur pour combattre contre les Anglais dans des éventuels affrontements futurs. Ainsi se pose la question du contrôle de ces hommes dans la durée pour être gagnant sur tout les fronts. A savoir prendre une ville et être en mesure de la conserver. Pour cela, il faut des hommes capables, et seuls les écorcheurs répondent à ces exigences. Puisqu’ils ne savent faire qu’une chose : la guerre. Les écorcheurs sont donc les seuls à même de former la colonne vertébrale d’une armée permanente. C’est dans cette optique que la formation d’une élite guerrière prend forme avec la mise en place de la grande Ordonnance de 1445


b- la mise en place des compagnies d’ordonnances

 

Le premier problème qui se pose à la mise en place d’une armée dite permanente, repose sur les hommes qui vont la composer. (l 3-5) « Le roi Charles assembla ses meilleurs capitaines et les principaux membres de son conseil pour organiser son armée et la ramener à un effectif déterminé ». C’est en Lorraine, que Charles VII convoqua ses conseillers et les capitaines qu’il retenait. Cela pour une raison simple, comme on a pu le voir au dessus, le roi avait envoyé les restes de l’armée en Lorraine et en Alsace, donc les futurs capitaines s’y trouvaient encore. Les deux principaux conseillers royaux à cette époque étaient le roi René et Pierre de Brezé. C’est ce dernier qui proposa au roi de retenir à son service 15 compagnies de cavalerie confiés à 15 capitaines. Le premier problème repose sur le fait que la retenue de seulement 15 capitaines risque de provoquer des jaloux parmi ceux qui n’auront pas été retenus, et par conséquent le risque de revoir des émeutes, comme la révolte princière de 1440 connue sous le nom de la Praguerie qui montre que les écorcheurs font partie de réseaux d’allégeance. C’est la défaite de la Praguerie qui est pour beaucoup dans la réforme de Louppy.

On peut prendre l’exemple d’un des 15 capitaines choisis, Robert de Flocques. Il était un de ces chef de bande qui avait commis bon nombre de crimes dits irrémissibles, mais il nous reste une lettre de rémission de Robert de Flocques où ce dernier fait son « mea culpa », en insistant sur sa fidélité envers le roi Charles VII. Il est donc choisit comme capitaine, notamment parce qu’il fait preuve de loyalisme monarchique preuve de son intégrité, ses crimes prouvent sa valeur militaire, mais il faut aussi qu’il soit sans ambition politique pour ne pas inquiéter le roi (l 7-8) « qu’enfin ils fussent toujours prêt à exécuter avec leurs armes et leurs chevaux les volontés et les commandements du roi ». On peut donc remarquer que les capitaines sont triés sur le volet, mais ils devaient choisir parmi leurs meilleurs hommes, en fonction de leur expérience et de leurs équipements .(l 9-13) Le roi montre ainsi sa volonté d’instaurer une réelle armée de qualité, le nombre de 1500 lances représentent une armée de 9000 hommes. Tout ceux qui ne furent pas retenues, furent « cassés ». Ces compagnons furent réduits à l’impuissance à cause de la mesure prise par le roi qui les avait absous de leurs crimes et renvoyer chez eux. Ces hommes abandonnés par leurs anciens compagnons déçus se dispersèrent sans plus jamais faire parler d’eux. Le roi avait quand même prit des mesures de précautions auprès du prévôt de Paris en cas de révolte. Mais tout se passa si bien que même les ennemis du roi rendirent hommage à son geste. Donc devant ce succès ont peu se poser la question de savoir pourquoi en 1448, Charles éprouve le besoin d’instaurer une milice de francs archers ?


c- Pourquoi une milice des francs archers ?


L’armée permanente en 1445, est essentiellement composée de cavalerie, c’est donc un rééquilibrage politique de la société qui est mise en place. C’est la vision d’une nouvelle société combattante, voire même d’une nouvelle élite sociale qui s’affirme. (l 28-30) » Instruction de la manière que le roy a ordonné estre tenus, pour mettre sus et establir les francs archers et arbalestriers pour la tuition et la deffense de son royaume ». Le roi fait ici appel à son droit le plus légitime, c’est à dire faire appel au soutien de ses sujets. Ainsi l’ordonnance du 28 avril est aussi un acte de contrôle , qui réforme le système des « communes ».

Le roi demande à ses sujets de participer à la restitution et à la défense de son royaume, le soldat appartient au pouvoir du roi et lui doit en retour une participation militaire dans un corps d’infanterie spécialisé dans le maniement d’une arme de jet comme l’arc ou comme l’arbalète.

Un autre but de cette petite ordonnance est militaire, tout les officiers se souviennent de la maîtrise que possèdent les Anglais dans le maniement de l’arc. La défaite d’Azincourt est encore dans tout les esprits. La France doit donc pallier son manque stratégique dans ce domaine. Machiavel a dit que « la cavalerie lourde était la première puissance militaire d’Occident ». Mais sans un accompagnement d’archers et d’infanterie, la plus puissante armée qui soit à cette époque se serait fait décimer par les archers Anglais.

La volonté d’une armée de qualité passe par une refonte de l’administration. Et ce rôle incombe aux personnages qui disposent de la plus grande confiance du roi (l 42-43)  « Ce fait lesdiz commissaires se transporteront par toutes les paroisses ». Les commissaires sont chargés après enquête auprès des habitants, de choisir parmi ceux qui savent se servir de l’arc ou de l’arbalète c’est ce que l’ordonnance nous révèle (l 45). On remarque donc qu’il y a une volonté de refonte militaire. Mais, le fait qu’il y ait des émissaires royaux envoyés dans chaque paroisse montre que le roi cherche à mieux contrôler ses communes, qu’il a besoin d’hommes de confiance pour se charger de cette tâche. On peut aussi supposer que la mise en place d’une armée de Franc-archers peut servir de paravent à une opération plus lucrative, c’est à dire à caractère fiscale.

Par l’intermédiaire de la levée d’un homme de guerre ( l- 37) «  mettont un archer en chaque paroisse », le roi contrôle ainsi la fiscalité de toute la paroisse. L’enquête des commissaires n’est pas de trouver le meilleur soldat de la commune. Non, ils établissent une sorte de recensement. Pour que le roi puisse évaluer la somme dont il va disposer dans ses caisses. ( l 35) « escripront en ung feuillet de papier l’assiette desdiz archers par les paroisses ». c’est l’établissement par les élus de l’assiette de la nouvelle imposition, sur la base théorique d’un archer par paroisse qui préoccupe le roi, notamment parce que toute les guerres nécessitent un financement. La réforme de 1448 montre que l’opinion publique est prête pour l’armée permanente, c’est à dire prête à donner au roi un impôt permanent, pour qu’il entretienne une armée permanente.


II - La gestion d’une armée de longue durée


  1. l’imposition permanente pour une armée permanente


L’objectif premier du roi est d’assurer la paix à son royaume, est à cette époque pour faire régner l’ordre on hésite pas à faire la guerre pour arriver à un état de paix. (l 48-49) «  ils diront aux paroissiens que le plaisir du Roy est pour la deffense du royaume et plusieurs autres causes bonnes ». Charles VII, met ainsi en avant le fait qu’il est au dessus de tout les seigneurs du royaume. En fait la logique de Charles VII repose sur le fait que le roi fait payer la défense de son royaume au même titre que le seigneur protégent les habitants de sa seigneurie en échanges ces derniers lui versent des taxes. Il s’agit donc de la notion de guerre juste et pour justifier cela, il y a deux notions issus du droit romain qui concrétise le besoin d’imposer. Il y a la necissitas (la nécessité), et la notion d’utilitas publicas(utilité publique). C’est donc montrer que l’impôt levé par le roi sert à l’Etat et non pour qu’il se remplisse les poches. On voit donc que cela reconnaît une autre notion, celle d’état lui même, voire de conscience nationale.

 

Charles VII se passe du consentement des états (clercs, nobles, villes) pour lever l’impôt. Normalement les états le vote pour une durée déterminée. (l 29-30) «  que ledit archer soit franc de taille du Roy, de celle des gens d’armes, de guet, de garde de porte, et de toute autre subvention excepté du fait des aides et de la gabelle ». le soldat qui est choisi, est dit franc, c’est à dire qu’il est exempté de l’impôt direct qu’est la taille. Un impôt direct de répartition, qui permet au roi de décider de la somme dont il a besoin. Il est réparti soit de façon uniforme soit en tenant compte du revenu de chaque foyer fiscal (l 33-34) «  et cognoistront par iceulx papiers les plus et les moins puissants ». La taille va remplacer le fouage, l’impôt de quotité portant sur le feu c’est à dire le foyer fiscal, la somme que paye chaque contribuable. Chaque foyer à une côte part à payer, la somme due en sera proportionnelle, d’ou le besoin d’une assiette, c’est à dire d’une base minimale. Pourquoi le fouage est-il abandonné par Charles VII ? La réponse à cette question repose sur le fait que comparé à la taille, le roi ignore ce qu’il touche, il ne peut donc pas avoir une gestion sur le long terme et se trouve dépendant des contribuables. L’archer ne paye donc pas d’impôt ?

 

L’archer, est peut être exempt de la taille (d’où le mot franc synonyme de exempt), du guet, de garde, c’est à dire de la corvée de surveillance. Bref pour simplifier de l’impôt dit direct. S’il ne paye pas c’est parce qu’il contribue à un autre impôt, celui dit du sang. Par contre il doit payer les aides et la gabelle, qui sont deux impôt indirects. Le premier est un impôt sur le commerce, une taxe supplémentaire en denier par livres, une sorte de T.V.A. de l’époque, devenu permanent en 1436. Le deuxième c’est l’impôt sur le sel, il est considéré comme un produit minéral, et le sous sol appartient au roi, c’est donc un droit régalien.

Malgré tout on voit que le roi, n’est pas perdant puisqu’il n’y a qu’un seul homme sur les 80 feux qui ne payent pas cet impôt direct. Et que, celui qui ne paye pas doit s’entretenir pour la guerre. Le roi évite donc d’avoir à entretenir son miles. En ce qui concerne la grande Ordonnance, les nobles ont toujours refusé de payer des impôts.

Pour être franc archers, la condition sociale importe peu, plus le soldat est pauvre et sait se battre plus il intéresse le roi (l 46-47) « et ne les prendra l’en mye des plus riches ne à la faveur des requérans ». pourquoi le roi préfère t’il prendre un pauvre ? comme on a vu l’homme devient franc de toute taxe, donc le roi perd moins d’argent avec un pauvre qu’avec un riche. Et le comble de tout cela, c’est que le roi ne prend pas en charge l’équipement du soldat, et que ce sont les habitants de la paroisse qui doivent l’équiper à la guerre.



b- l’entretien et le contrôle du soldat de l’armée

 

Comme je viens de le dire, le soldat doit se fournir son propre équipement (l 56- 61) « Et en ce faisant, sera tenu icellui archer de soi entretenir en point de hucgue, de brigandines ou de jacques, d’espée, de dague, d’arc et de trousse, ou d’arbalestre garnie ainsi que l’on ordonnera et de venir au service du Roy touteffoys que le Roy le mandera en le paiant et soudoyant 4 livres tournois par mois selon le temps qu’il demourra au service du Roy ». Mais, il faut faire attention, puisque la salade (un casque) en 1435, coûte la somme de 4 livres, la Jaque est un petit vêtement serré à la taille, boutonné et lacé par devant laissant voir les mailles à la manche et sur les cuisses. Il est également équipé d’un épée à deux mains de 2 livres et 5 sous, d’une dague de 14 sous, d’un arc de 6 pieds de haut (environ 1m80) de 14 sous, ainsi qu’une trousse de 18 flèches. Les brigandines sont les souliers et doivent être changés assez souvent, elles coûtent environ 10 sous.


On peut donc en conclure que de s’équiper pour la guerre, représente un investissement qui coûtent 8 à 10 livres, et que vu le salaire du soldat, sa paye passe dans son équipement. C’est donc une des raisons qui explique que de gros négociants et de puissants hommes d’affaires se mirent dans les rangs afin d’intégrer ce nouveau corps. Mais, il ne faut pas se voiler la face c’est parce qu’ils étaient exempt des impôts décrit ci-dessus, qu’ils s’inscrivaient sur les listes.

On peut dès lors faire une critique sur cette milice. Les riches flairant le bon coup se précipitent dans les rangs. Et, Les pauvres qui seraient aptes à prendre la place et à être équipés par ceux qui le peuvent, sont écartés. Très vite la qualité majeure de ce qui aurait pu devenir le corps d’armée capable de supplanter les archers Anglais, est pourri à sa base par l’argent. Donc, on en déduit que l’intérêt personnel passe au dessus de l’intérêt du royaume.

Malgré tout, les soldats qu’ils soient riches ou pauvres doivent faire la guerre pour le roi.

(l 63-66 ou chapitre 9). Dans l’ordonnance, il est dit que l’archer de la paroisse doit s’entraîner tout les dimanches, il doit être en tenu de combat, et peu s’il le faut entraîner ceux de la paroisse au maniement de l’arc. En ce qui concerne sa tenue c’est juste à titre anecdotique mais elle est de couleur verte et blanche sous Charles VII, et rouge et blanche sous Louis XI. On peut donc voir quand attendant d’être levé pour la guerre, le soldat doit s’y préparer. La particularité du franc-archer repose sur le fait qu’il est levé pour 40 jours. Cela représente le service minimum dû au roi en tant que sujet. Le franc archer n’est donc pas un membre à part entière de l’armée permanente, il s’agit en fait d’une réserve mobile, que le roi peut appeler à titre complémentaire. ( ligne 71- 75 ou chapitre 14) montre que les francs archers sont inscrit sur des listes, cela permet au roi de savoir qui précisément dans chaque paroisse est un de ses soldats, mais cela lui permet aussi de les surveiller pour qu’ils évitent toute désertion. Ces francs archers sont donc soumis à des contrats un peu comme l’endenture anglaise, qui lie l’homme au roi, dans le but pour lui de recevoir sa solde. Mais c’est aussi pour qu’il ne soit pas franc d’impôt s’il ne participe pas à la guerre. C’est donc dans le but d’éviter les escroqueries.

En ce qui concerne les anciens écorcheurs, on l’a vu ils forment l’ossature de l’armée permanente. (l 13-14) « chaque lance comprendrait deux archers et un valet montés et armés avec deux palefreniers chargés de chevaux ». La lance est donc composait de l’homme d’arme, qui est généralement un noble, mais rarement chevalier. Il est accompagné d’un valet qui s’entraîner afin de devenir un futur homme d’arme mais généralement il s’occupe d’entretenir les chevaux, d’aller au fourrage et de s’occuper au ravitaillement de son maître. Ils étaient aussi accompagnés d’un coutillier. La lance est aussi composé de deux archers à cheval, avec un valet pour deux, elle forme donc une micro société avec une mini hiérarchie, favorisant ainsi l’ascension sociale des petits nobles. L’homme d’arme reçoit une solde de 15 francs, les archers sont payés 7 francs, 10 sous. Le coutillier lui est payé 5 francs. Mais d’après les sources on peut remarquer que l’équipement d’un gens de guerre coûte entre 125 à 250 francs, soit l’équivalent de 16 mois de soldes. On comprend mieux que seul des nobles aient la capacité de rejoindre cette armée.

La nécessité d’ordre au sein de cette armée est indispensable, d’où le besoin d’embaucher non seulement les plus habiles au maniement des armes, mais aussi et surtout ceux qui sont fidèles au roi. (l 23-24)  « ainsi organisée et disciplinée ». On retrouve l’ordre et la discipline légendaire des militaires, mais il y a une raison toute simple à cela, tout repose sur l’encadrement de ces derniers.  ( l 67 – 70 chapitre 12). Il s’agit là de la montre, une sorte de revue des troupes effectués par les capitaines qui vérifient que leurs hommes soient bien équipés pour la guerre. Elles permettent aussi d’affirmer la hiérarchie des uns par rapport au autres, pour éviter le désordre. Généralement ce sont les commissaires royaux qui effectuent la revue, afin de rendre compte au roi de l’état de son armée. Le roi, connaît ainsi l’état de son armée, et peut envisager une vraie stratégie de défense pour contre attaquer et bouter l’Anglais hors de son royaume.


III - Est ce un outil d’avenir ?

 

a - La reconquête du royaume


La reconquête du royaume de France commence en 1449, mettant ainsi fin à 5 ans de trêve, où les deux pays en ont profité pour rebâtir leurs armées dans la perspective d’un assaut final.

( l-2 du texte 3) « l’ennemi une fois chassé de Normandie et de Guyenne, le royaume une fois rétabli sous l’autorité du roi Charles ». En fait, Charles VII, profite d’une conjoncture qui lui est favorable, les Anglais sont en proies aux luttes de clan et aux assassinats politique. En France, le roi lui s’affirme, il s’allie même avec François Ier, Duc de Bretagne (1442-1450). Pour la première fois, Charles VII est en position de force, il est à la tête d’une armée de qualité qui ne demandent qu’une chose ; briser la trêve de Tours. « l’autorité du roi Charles, un sage ». La sagesse du roi de France, repose sur la décision qu’il prit, il décide de commencer la guerre en Normandie. (l 26-27) » les Anglais eux mêmes entièrement et sans grande peine repoussés et chassés de France ». La reprise de la Normandie se fit en un an. Notamment parce que les armées royales s’attaquent à plusieurs objectifs clefs en même temps, Raoul de Brienne, Louis de Luxembourg attaquent au Nord. Dunois, attaque au centre ; Richemont (connétable de France) et François Ier attaquent à l’ouest. La remarque que l’on peut faire, c’est que les écorcheurs sont dociles et complémentaires, les trois armées permettent d’asphyxier les contre-attaques. (l 21-22) « la plus grande partie du royaume était, nous l’avons dit souvent, vide d’habitants, en friche et inculte ». Je ne pense pas que Basin parle ici du phénomène de l’écorcherie, mais je pense plutôt qu’il critique l’occupation des Anglais.

En effet, le joug Anglais se faisait plus étouffant, les taxes ayant été augmentées, je pense que ces exils massifs trouvent leurs solution dans les liens qui liens qui lient un seigneur et son vassal. Un seigneur ayant prêté serment au roi de France va déménager, et quitter sa terre, étant lui même un seigneur pour les sujets qu’il doit protéger c’est tout le village qui déserte la contrée. Ainsi, s’explique qu’une grande partie de la population normande et surtout les paysans participent à la reconquête. On peut citer l’exemple de Basin, alors évêque de Lisieux, ouvre les portes de la ville, aux armées Françaises, notamment parce qu’il a prêté serment d’allégeance, à Charles VII en 1449. Le 10 novembre 1449, Charles entre triomphalement à Rouen, et même une armée de secours Anglaise, ne pourra pas retourner la situation, elle sera écrasée à Formigny, grâce notamment à l’artillerie de Giraud de Samain.

 

La capture du gouverneur anglais, le comte de Somerset (24 juin), et la prise de Cherbourg mettent fin à la reconquête Normande, le 12 août 1450. La reconquête de la Guyenne est plus difficile car la région est économiquement très liées avec les Anglais, notamment pour le vin. L’offensive fait tomber Bordeaux le 30 juin, et les Anglais envoient leur vieux briscard Talbot âgé de 80 ans pour essayer de battre une armée Française qui paraît imbattable. Talbot reflète l’essoufflement de la présence Anglaise en France. La bataille de Castillon en 1453, met fin à cent ans de guerre ; la guerre qui avait débuté par la confiscation de la Guyenne, se clôt avec sa reconquête. On peut dés lors se poser la question de savoir à qui peut bien profiter une telle armée ? Et, est il nécessaire de la maintenir alors que l’Anglais se trouve hors de France ?


b- A qui profite cette armée « permanente » ?

 


On vient de voir que l’armée Française de 1449 à 1453 accumule les victoires comme jamais elles n’avaient pu en avoir durant cent ans de guerre. Charles VII affirme par ces victoires son pouvoir royal. « L’armée des écorcheurs » prouve quant à elles sa soumission aux volontés du roi. (l 10-12) «  elle est, en effet, très agréable aux tyrans qui n’ont en vue et ne désirent que la puissance, ne se souciant pas le moins du monde ni de la justice, ni de la tranquillité de ses sujets ». Basin, fait une critique ouverte à l’armée permanente, et par la même occasion au roi. Si on prend la définition du mot tyran, il s’agit d’une forme de pouvoir fréquente dans le monde grec antique. Elle représentait dans une certaine mesure un progrès par rapport au pouvoir de droit divin et héréditaire. Donc, il s’agit là de la mise en avant d’une certaine laïcisation du gouvernement, c’est à dire faire réapparaître les inégalités et mettre une nouvelle forme d’aristocratie. Cela ne pouvait s’obtenir que par la force.

Si on suit le sens étymologique du mot Tyran, pour Basin, les écorcheurs deviennent la nouvelle noblesse du royaume. Héréditaire ça veut dire qu’elle est d’ordre dynastique, et que par conséquent, Louis XI, est l’héritier légitime de Charles VII, si basin déteste Louis XI, c’est uniquement parce qu’il a conforter les mutations opérées par son prédécesseur (l 6-7) « établie sous la pression et la nécessité ». Ainsi Basin rend légitime l’action des écorcheurs, mais uniquement si elle reste temporaire. Or, Louis XI maintient l’armée permanente, pour plusieurs raisons, la première est qu’il n’y a jamais eu de traité de paix entre les Anglais et les Français, et donc que l’on peut craindre un retour en masse des Anglais. Notamment parce que le roi Anglais même après la défaite de ses troupes, détient toujours la ville de Calais sur le continent, et que par conséquent il se revendique toujours comme étant roi d’Angleterre et de France ». Dans un second temps, l’armée permanente profite aux écorcheurs qui du jour au lendemain passent du rang d’ennemi public numéro un du royaume au statut de sauveur. La récompense suprême pour eux c’est qu’ils sont très vite installés dans les zones reconquises afin de mater d’éventuels rebellions. Donc, ils deviennent les garants de l’ordre public, en devenant une sorte de police de l’intérieur. Ils permettent dès lors d’affirmer le pouvoir du roi, qui est le seul à pouvoir détenir et lever une armée. Il s’agit donc de la mise en place d’un monopole de la part du roi de France, un monopole qui fait peur à Basin, ce qui vaut de sa part une critique de l’armée permanente.


 

c- basin critique, quel est son intérêt ?


Pourquoi, Basin a t’il ouvert les portes de Lisieux à l’armée Française, si c’est pour ensuite la critiquer ?

Charles VII, on l’a vu a reconquit la Normandie avec l’aide des Normands. Cette aide est en partie dû aux promesses qu’il fit à tous les habitants des villes Normandes ; qu’ils demeureraient en leurs franchises et libertés. Ce que dénonce Basin c’est que le roi ne se hâta pas de confirmer la charte des Normands. Ainsi, à Lisieux, tout les laïcs devaient continuer à jouir de leurs héritages, et que tous les gens d’Eglise demeureraient en paisible possession de leur prébendes et de leurs bénéfices. C’est à dire qu’il y a un conflit entre les trois différents états.

 


L’état des nobles passe devant l’état des clercs. Et, Basin en tant que membre de l’état des clercs s’inquiète du rôle de l’Eglise dans cette mutation. Il accepte mal le fait, qu’elle passe au second voire même au troisième plan de la société qui est en marche. Puisque même les gens de pieds se voient offrir des privilèges.

Ainsi quand il critique la justice il veut sûrement parler du jugement dernier. C’est à dire que Charles VII aurait vendu son âme au diable pour récupérer les terres conquises. Les écorcheurs sont donc des « sbires de Satan ». puisqu’ils terrorisent la population, mais pire encore, Charles en étant roi se retrouve seigneur de tout les sujets, et par conséquent il condamne avec lui à l’enfer tout ceux qui obéissent à la refonte de la société médiévale, qui s’opère par le biais notamment des réformes militaires. Ainsi ce sont tout les individus qui deviennent des tyrans. Basin voit en l’armée permanente, d’une certaine manière l’outil de « l’apocalypse », ou en étant un peu plus modéré une vie infernale pour les Normands. Basin est un homme qui se définit lui même comme étant dévoué à Dieu et à personne d’autres. C’est pour cela qu’il prêta allégeance aux Anglais en 1447, pour lui la présence Anglaise, était légitime, car fruit du droit de conquête. Mais la présence Anglaise se fit par la peur, et pour Basin tout ce qui se fait par la peur est amené à disparaître. Donc, en 1449, il reconnaît au roi de France la même légitimité, puisque les Anglais ne sont plus aptes à assurer la sécurité des Normands. Basin critique cette armée « d’écorcheurs » car elle fait peur, et tout se qui est dirigé par la peur est amené à disparaître. On peut donc voir que le vrai souci de Basin c’est la tranquillité des Normands.

(l 13-15) «  Depuis des temps immémoriaux, le royaume de France nourrit avec une merveilleuse abondance une armée permanente et ordinaire : c’est la noblesse du royaume ». Basin s’enferme dans un conformisme régulier qu’incarne l’Eglise. Pour lui l’armée, c’est l’ost féodal, le ban et l’arrière-ban. Son intérêt, est d’empêcher, la permanence de cette nouvelle armée. Basin se pose en visionnaire, il voit en l’armée des écorcheurs la cause de la future ruine du royaume de France, d’où cet appel à la restauration de l’ordre ancien (l 2-3). « s’il est sage, il ne peut être que bon ». Basin n’aime peut être pas Charles VII, mais il lui reconnaît au moins le fait d’être un bon prince. Dans l’empire romain on disait d’un empereur qu’il était bon quand il restaurer la paix, en mettant fin aux guerres civiles ou en ayant vaincu ses ennemis extérieures, tout en étant pieux.


   

Pour conclure on peut dire, que l’instauration de La grande Ordonnance fut un succès, elle permit à Charles VII de mettre un terme aux problèmes des écorcheurs, d’instaurer une armée axée sur la qualité et non sur la quantité. La victoire lui permit par la même occasion d’affirmer son statut de roi des Français. Par ailleurs, la fin des guerres civiles montre que d’une certaine façon un sentiment national prend forme, malgré le fait que les Francs archers soient encadrées par des hommes d’autres pays (Suisses, Génois, Espagnols…). En ce qui concerne les Francs archers, très vite les rangs de cette armée, devinrent médiocres, l’entraînement devenait un jeu populaire, l’institution dépérit rapidement, car les hommes qui la compose sont généralement comme on l’a vu des notables ou des infirmes attirés par le privilège fiscal. Mais au combat leur seule aptitude reste la débandade. Louis XI supprimera l’institution en 1480.

Basin devient un des conseillers de Charles VII, mais comme il le dit lui même dans son Apologie, son avis n’était jamais requis. Dans tout les cas, il voit dans l’instauration de l’armée permanente un outil du mal, et prédit la chute du royaume de France. S’il prédit la chute du royaume de France c’est qu’il voit très bien que le Moyen-Age tel que nous le connaissons est en mutation( fin des ligues princières, centralisation, rattachement des principautés). Toutes ces transformations sont les prémices de l’Etat moderne. Basin a peur de voir le rôle de l’Eglise dépérir devant l’affirmation d’un absolutisme royal qui s’appui sur un sentiment national qui s’articule autour de la défense du royaume.

15.04.2007

Sénat, sénateurs dans la monarchie sévèrienne (193-235).







Cinq siècle de notre histoire sont marqués par la domination d’un Empire, Rome. D’Auguste en 27 av J-.C, à la déposition de Romulus Augustule en 476 de nombreuses dynasties se sont succédées sur le trône du pouvoir. Sous les Antonins, la philosophie stoïcienne commençait à faire circuler l’idée que l’histoire de Rome était comparable à la vie d’un homme. Sa jeunesse aurait été incarné par la fondation de la cité en 753 av. J-.C, jusqu’à sa domination sur les principales villes Italiennes ; son adolescence par la conquête du Mare Nostrum tandis que les Antonins voyaient leur époque comme étant l’âge mûr de leur Empire, c’est à dire la période philosophique (Marc-Aurèle ; Hadrien). Si l’on continue le raisonnement des stoïciens cela signifierait que la dynastie sévèrienne représentait le début de la vieillesse de l’Empire ; l’âge de la dégénérescence qui annonce la rupture entre la raison et la déraison de l’esprit. L’équilibre avait été maintenu grâce à une institution qui avait toujours su survivre aux grandes crises de son histoire ( chute de la république, guerres civiles, complots, purges de ses membres ), comme un des deux poumons de l’Empire, le Sénat incarnait le relais entre l’Empereur ( le cerveau) et la plèbe (le cœur). Véritable institution qui remontait à l’époque des Rois de Rome elle connut son heure de gloire sous la République. Elle avait permis au principat de naître. Mais comme tout corps biologique, il pouvait lui arriver de tomber malade et d’être empreint à des crises qui bouleversaient son organisme ; le corps devait dès lors s’adapter à ce mal qui le rongeait de l’intérieur. C’est d’ailleurs ainsi que se pose notre principale problématique à savoir quelle est la particularité du Sénat et des sénateurs à l’époque des Sévères ? quelles sont les relations qui liaient l’institution et ses membres à la monarchie des Sévères ? Nous essayerons de nous interroger sur ces questions afin de voir si les symptômes d’un cancer ne sont pas visible dans l’Empire romain ? Si cancer il y a nous essayerons d’en trouver les causes dans la monarchie des Sévères.

 

Pour essayer de répondre à cette question il nous faut faire une autopsie du corps de Rome. Notre étude se décomposera ainsi : Dans une première partie nous essayerons de voir si le Sénat était toujours une institution prestigieuse, tout en essayant de voir si ceux qui la composait étaient assez digne d’en faire partie. Dans une deuxième partie nous analyserons le pouvoir du Sénat au travers de la provincialisation et du conseil impérial afin de voir si l’institution avait entre ses mains de grandes responsabilités dans les décisions impériales qui pouvait de ce fait lui laisser prétendre être un grand pouvoir de Rome. Enfin, dans une troisième et dernière partie nous nous interrogerons sur l’existence ou non d’un dominat de la part des empereurs de la dynastie des Sévères, afin de voir s’il n’y avait pas une raison autre que relationnelle qui expliquerait pourquoi les empereurs eurent à agir de façon brutale avec l’ordre sénatorial en favorisant l’émergence de l’ordre équestre. Et donc de voir si justement l’explication d’une possible cause à la crise des années 235-285 ne trouvait pas ses origines dans ce changement de prééminence ?



 

Comme on a pu le voir dans l’introduction le Sénat est une vieille institution qui avait toujours su évoluer avec son temps. Ce sont les sénateurs qui avaient instauré le principat Augustéen, dire que ses pouvoirs avaient été considérablement réduit reviendrait à admettre que le Sénat ait été une institution fantoche. Or, le Sénat était garant des pouvoirs du prince, l’Imperium, la puissance tribunicienne, le grand pontificat, qui permettaient à l’Empereur de pouvoir se rattacher aux dynasties précédentes et donc de se légitimer comme successeur de la République. Tout homme qui souhaitait devenir Empereur, le savait bien, c’est pour cela que lors de la guerre civile de 193-197, Septime Sévère, Pescennius Niger et Clodius Albinus avaient avant tout cherché à gagner Rome pour rallier le Sénat.


Il faut avoir à l’esprit que c’était le Sénat qui avait voté la condamnation et l’exécution de Dide Julien, c’est à dire qu’elle était la seule autorité régnante de Rome à pouvoir accorder le principat. Septime Sévère le savait bien et accorde pour la première fois un donativum aux sénateurs afin de se les rallier plus facilement. Dide julien avait préféré acheter les soldats comme cela se faisait depuis toujours, mais cela n’avait pourtant pas empêché ces mêmes soldats de le trahir soixante cinq jours plus tard. Septime Sévère fit rentrer en disgrâce les prétoriens ce qui confirme le fait que le Sénat était une institution qui restait inviolable. Pourtant le fait qu’un général, originaire d’Afrique donc provincial accède au trône, nous amène à nous poser la question de savoir comment les sénateurs avaient pu vendre l’Empire ? Dion Cassius dans le Discours de Mécène nous dit que le Sénat « paraît être maître de tout ». Le pouvoir du Sénat ne serait donc qu’un mirage, une apparence qui ne reflète pas la réalité ? Pour tenter de répondre à cette question il nous faut faire une autopsie du Sénat et des hommes qui sont en son sein : les sénateurs.

 

L’Assemblée du Sénat sous Auguste fut ramené de 1000 à 600 membres. C’est le prince qui décidait du recrutement des sénateurs ; sur les 600 places seulement 130 à 160 places étaient à pourvoir c’est à dire que beaucoup d’hommes pouvant servir grâce à leurs compétences au bon fonctionnement de l’Etat mais dont les idées divergeaient avec celles du prince pouvaient être écartés. Ce n’était donc plus la recherche du meilleur pour Rome qui était recherché mais le plus fidèle à l’Empereur qui était souhaité. On comprend dès lors que la carrière d’un sénateur dépendait étroitement de son attachement envers le prince. Sous Caracalla un ancien esclave intégra l’Assemblée ; ce geste insultant pour les autres sénateurs nous montre que les Empereurs par le biais de l’adlectio pouvaient nommer qui bon leur semblaient.

Il faut avoir à l’esprit que pour être sénateur il fallait avoir une fortune estimée à environ 1 000 000 de sesterces, c’est à dire faire partie de l’élite sociale de l’Empire. L’exemple de l’ancien esclave de Caracalla tend à montrer que l’institution se « pourrie » à l’intérieur, la recherche d’un prestige social individuel s’affirme. Sévère Alexandre qui avait commencé à régner avec l’aide du Sénat en avait pourtant modifié le cursus honorum, supprimant trois des quatre fonctions du vigintivirat, tandis que l’édilité et la questure cessèrent d’être obligatoire (ce qui entraîna très vite leur disparition). Une telle mesure montre bien que l’Empereur souhaitait se détacher du Sénat, mais que cela demeurait impossible à faire. Les princes savaient qu’il s’agissait du tampon institutionnel qui les protégeaient des colères de la plèbe.

N’est-ce pas l’assemblée qui avait le devoir de juger et de condamner ses semblables ? Un proverbe dit qu’à « grand pouvoir, grandes responsabilités », peut-on dire que les sénateurs avaient entre leurs mains de grandes responsabilités et donc que le Sénat était un grand pouvoir ? Nous allons essayer d’y répondre par l’intermédiaire de la provincialisation et du conseil impérial.

En 193, à la mort de Commode, (dernier empereur de la monarchie des Antonins) sur les 600 membres de l’Assemblée, 43% des membres recensés étaient d’origine provinciale. Pour comprendre cette « provincialisation » du Sénat, il ne faut pas perdre de vue le fait que certains empereurs étaient originaires des provinces ; ainsi avec l’arrivée sur le trône de Septime Sévère, il se passait la même chose que sous Hadrien, (espagnol d’origine) c’est à dire que l’Empereur à Rome s’entourait de ceux qui lui était le plus cher. La fonction de sénateur nécessitait de vivre à Rome puisque la politique y était quotidienne. Avec l’édit de Caracalla de 212, qui devait avant tout servir à remplir les caisses de l’Etat, les provinciaux devinrent juridiquement des romains ; l’accès au Sénat pour les provinciaux était devenu légale. Mais, la présence de provinciaux nous permet de voir que la province n’était plus une « bourgade » (Discours de Mécène) sous la tutelle de Rome, mais bel et bien un espace intégré à Rome ; ce qui montre que l’Italie n’était plus au centre du commerce méditerranéen. De ce fait devenir sénateur c’était en quelque sorte favoriser sa province natale même si cela devait se faire au détriment de Rome.


Iulia Soaemias avait épousé un consulaire originaire de Syrie Sextus Varius Marcellus, ils eurent un fils, Varius Avitus Bassianus plus connu sous le nom de l’Empereur Elagabal. Par ce mariage on peut y déceler la volonté de se rattacher à la branche sénatoriale. Les femmes avaient donc joué un rôle important, elles se faisaient les ventres de la dynastie. En affirmant qu’Elagabal était le fils adultérin de Caracalla elles contribuèrent à faire passer la dynastie des Sévères d’Africaine à Syrienne. Les sénateurs avaient donc une fois de plus été les pions d’un échiquier géopolitique familiale. Cet épisode montre l’existence d’une rupture à Rome, l’Italie n’est plus au cœur de sa propre politique. C’était un consulaire Syrien et trois princesses Syrienne qui avaient décidé du sort de l’Empire en nommant le nouvel empereur. Les princes de la dynastie Sévèrienne n’étaient pas souvent dans la capitale romaine, ils préféraient combattre des ennemis pour gagner de nouveaux titres qui rendraient leur titulature plus impressionnante. Pendant la vacance du pouvoir impérial dans l’Vrbs, le prince laissait le Sénat et les sénateurs derrière lui. Pourtant, il n’était pas seul, il s’entourait d’un conseil impérial, le Sénat jouait-il un rôle important auprès de l’Empereur ?


Le conseil du prince était l’héritier des conseils qui sous la République assistaient les magistrats. A l’origine composé d’amis et de proches de l’empereur, il fut réorganisé par Hadrien qui y ajouta des juristes et des administrateurs impériaux. Le meilleur exemple qui nous est rapporté par l’Histoire Auguste est le cas de Sévère Alexandre qui âgé de 14 ans lors de son avènement en 222 fut encadré d’un conseil de régence de seize sénateurs. Il est dit que Sévère Alexandre ne faisait rien sans consulter le Sénat. Un consilium principi de 70 membres dont 50 d’entre eux étaient des notables choisi dans le Sénat, les 20 restant étaient des jurisconsultes, des hauts fonctionnaires impériaux, ainsi que les chefs des grands services siégeant ès-qualité. La présence de Dion Cassius dans le conseil de l’Empereur Caracalla nous permet d’attester de la présence des sénateurs dans l’entourage impérial, mais savoir si ces derniers avaient la possibilité de donner des directives à l’empereur est une autre histoire.

Dion Cassius n’avait il pas été obligé de rédiger un pseudo Discours de Mécène pour essayer de remettre Caracalla sur les rails du principat ? On en déduit donc que les hauts fonctionnaires de l’Etat avaient un poids politique plus conséquent que les 50 sénateurs présents. Ces hauts fonctionnaires étaient de rang équestre, et en 223, les préfets du prétoire furent introduit au Sénat par le biais du consulat suffect. De ce fait les préfets voyaient leurs position renforcer, s’affirmant comme étant le second rang de l’Etat, relayant ainsi les sénateurs à une place honorifique. Cela se confirme par la mise à la tête de certaines provinces impériales (Germanie, Pannonie, Bretagne…) de chevaliers à la place des légats sénateurs. Ces chevaliers étaient dévoués à l’empereur ; ainsi le centurion qui avait capturé Diaduménien, fils de Macrin fut élevé en récompense au rang de consulaire et devint le gouverneur de Germanie Supérieure. Ainsi donc le conseil de l’Empereur était composé de personnages zélés qui courtisaient l’empereur au nom de leurs intérêts personnels. Peut-on dès lors dire que Dion Cassius soit un courtisan de Caracalla où ne serait ce pas plutôt la mise en avant d’un dominat exercé par l’empereur sur les sénateurs qui obligeait un tel comportement de leur part ?



A la question de savoir si le Sénat était un grand pouvoir sous les Sévères nous pouvons dès maintenant affirmer que non, son rôle avait été grandement réduit. Ne restait plus aux sénateurs que le « laticlave » de leur toge pour leur permettre de parader fièrement dans Rome. Les senatus-consultes devenaient parole de lois ; l’Empereur dit, l’Empereur fait, le Sénat enregistre ; voilà comment on pourrait résumer le rôle du Sénat sous la monarchie des Sévères. Même l’apothéose qui était une de leur dernières libertés avait été malmené par Macrin. Ce dernier qui n’était pas de rang sénatorial avait forcé le Sénat à proclamer Caracalla Divus et Parthicus Maximus, son fils César. Le Sénat était une marionnette aux mains de l’Empereur, toute résistance ou rébellion de sa part lui était beaucoup plus préjudiciable que bénéfique.


Le comportement de Dion Cassius était légitime, il faisait de son mieux pour ne pas être perçu comme un ennemi de l’empereur. Tous les habitants de l’Empire devaient prêter un serment lors de l’avènement du prince et le renouveler tous les ans. Ce serment s’était étendu aux sénateurs ; De ce fait, la sacralisation de la fonction sénatoriale était devenue un vieux souvenir ; les sénateurs devenaient des habitants de l’Empire comme les autres. Le prince avait droit de vie et de mort sur les sénateurs sans qu’il n’ait à justifier sa décision. Quand Septime Sévère était arrivé au pouvoir, il n’était pas hostile au Sénat, mais en voyant que parmi les partisans de Pescennius Niger et de Clodius Albinus étaient présent des sénateurs, sa décision avait été de sévir. Il avait certes promis qu’il ne mettrait pas à mort les sénateurs sans l’assentiment de l’Assemblée, cela n’empêcha pas que sur les 64 accusés, 29 furent mis à mort. Dès lors, une méfiance réciproque s’était installé entre le Sénat et l’Empereur.




Comment survivre à une guerre civile quand on était un sénateur et que l’on devait prendre parti ? il faut savoir faire un choix et le bon. Si on misait sur le mauvais cheval, la mort n’était pas loin ; les partisans de Géta, frère de Caracalla en ont fait les frais, et parmi eux des sénateurs. Le comportement de Dion Cassius est dès lors compréhensible, il avait le choix entre ne rien dire ou mourir pour s’être opposé à l’empereur. Quand ce dernier voulait parler il était obligé d’utiliser son pseudo Discours de Mécène pour se protéger lui et ses proches ; ce qui montre a quel point être sénateur était devenu une fonction dangereuse. Les nouveaux sénateurs avaient vite compris que dans l’assemblée il fallait se contenter de rentrer dans le moule et faire ce qu’on leur demandait de faire. Ce qui nous permet de voir que d’une certaine façon l’ordre sénatorial était victime d’une corruption morale et laissait libre court à l’arbitraire du prince ; favorisant de fait un dominat de sa part et de celle de sa famille.

Nous avons vu que la mise à mort des sénateurs pour oppositions étaient devenus assez courant sous les Sévères ; mais, ce n’était pas une nouveauté puisqu’elle existait déjà sous les Julio-Claudiens, les Flaviens et sous les Antonins. L’impression que les sénateurs étaient de plus en plus méprisés sous les Sévères est vrai, à cela il faut essayer de se poser la question pourquoi sous les Sévères y’a t-il eu ce changement si brusque envers les Sénateurs ? n’y a t-il pas un enjeu qui poussait les empereurs à agir de la sorte ?


Il y’ a un aspect de Rome qu’il ne faut pas oublier, l’Empire était constamment en guerre, les empereurs cherchaient à gagner de nouveaux surnom (comme on l’a vu un peu plus haut avec Caracalla et César, fils de Macrin). Si on suit le raisonnement en sachant que les empereurs n’était pratiquement jamais à Rome mais sur les champs de batailles ( Parthes, Daces, Perses, Alamans…), on comprend vite que sous les Sévères, un besoin d’argent se faisait ressentir, la guerre était le meilleur moyen de remplir les caisses de l’Etat. Tous les empereurs de la dynastie des Sévères étaient venus au pouvoir grâce à leur fortune personnelle en donnant aux soldats un donativum. Cet acte montre que pour avoir la confiance de l’armée il fallait avant tout savoir l’acheter. C’est ainsi que Dide Julien, avait réussi après une séance d’enchère avec les prétoriens à acheter l’Empire. On voit donc que l’argent tenait une part tout aussi importante que la guerre. En fait, ces deux notions étaient indissociables l’une de l’autre. Si le prince devait acheter la confiance des troupes avant de monter sur le trône il devait aussi faire en sorte qu’ils lui restent fidèle. Ainsi on a pu dénombrer quatre congiaires entre 211 à 217 sous Caracalla, et quatre autres de Macrin à Elagabal.


Mais, jusqu’ici on pourrait se demander quel est le rapport avec l’ordre sénatorial ? le rapport est assez simple. Dide Julien était de rang sénatorial. Un sénateur avait une profession sociale prestigieuse qui nécessitait un salaire conséquent. Or, comme on l’a vu un peu plus haut ce sont les sénateurs qui représentaient les plus grosses fortunes de l’Empire. Le déficit était devenu si important qu’il fallait pour les empereurs trouver une solution qui leur permettaient à la fois de donner de l’argent aux soldats pour gagner leur confiance tout en les emmenant faire la guerre pour pouvoir mettre la main sur un butin qui servirait de nouveau à acheter la confiance des troupes. La solution était assez simple, le prince disposait d’un pouvoir qui lui permettait de mettre à mort toute personne soupçonné de comploter contre lui. La multiplication des exécutions de sénateurs, non pas parce qu’ils étaient dangereux pour le prince, mais parce que chaque exécutions permettait la confiscation des biens de tous les suspects d’opposition. Le chiffre avancé par Dion Cassius de 20 à 30 000 opposants tués après la mort de Géta devient donc plus compréhensible. On peut dès lors voir que le régime s’enfermait dans un cercle vicieux. Le Sénat était devenu le Prométhée enchaîné sur le rocher que l’aigle impérial venait dévorer quand il avait besoin de s’enrichir.


Géta, Caracalla, Macrin, Elagabal et Sévère Alexandre n’ont pas été tué par des complots de sénateurs comme l’avaient été certains empereurs des dynasties précédentes (Domitien, Commode), mais bien par des soldats à qui l’on avait promis de l’argent. Ce qui nous permet de conclure sur l’émergence d’un nouvel ordre, celui de l’ordre équestre. Il s’ est affirmé comme étant le deuxième poumon de Rome.




Pour conclure, on peut dire que l’ordre sénatorial était devenu sous les Sévères une sorte de banque impériale qui devait servir à financer la guerre et les troupes. Mais, on peut aussi voir que le prince de la dynastie sévèrienne était lui aussi devenu une marionnette dont les ficelles étaient tirées par les soldats. La sacro-sainteté de l’Empereur sous les Sévères n’était plus respectée, la personnification du prince comme la représentation d’Hercule ou de Jupiter n’était plus visible. Les soldats n’avaient plus peur de l’Empereur, il était devenu aussi humain que les autres habitants de Rome. La mort de Sévère Alexandre en est la preuve. Ce dernier négocia la paix avec les Alamans alors que les soldats auraient préféré que l’argent promis aux ennemis leur revienne ; après une mutinerie que l’empereur laissa se propager, preuve de l’existence d’une peur de la part des princes envers les troupes romaines.

Ainsi, Maximin le Thrace, simple soldat, devint Empereur le 18 mars 235. Cette date marque aussi la fin de la « Maudite Dynastie » des Sévères ; maudite parce qu’elle avait matérialisé la rupture dans l’équilibre des pouvoirs à Rome. L’autopsie de l’ordre sénatorial aura donc permit de déceler que le « corpus » était atteint d’un cancer à l’un de ces deux poumons (le Sénat). C’était donc à l’autre poumon ( l’ordre équestre) qu’incombait la responsabilité de faire respirer l’Empire ; de tel sorte que le cœur ( la plèbe) et le cerveau (le prince) soient en parfaite harmonie. Mais, l’on sait bien que lorsqu’un des organes vitaux est touché on ne peut pas en ressortir indemne et faire comme s’il ne s’était rien passé. Rome se trouvait dès lors dans un état de lente agonie. Pourtant même malade le Sénat continua de fonctionner et de faire comme s’il n’était pas atteint d’une maladie qui le rongeait un peu plus après chaque réformes ( Gordien en 238, Gallien…). Pourtant une hypothétique restauration sénatoriale sous Tacite verra le jour en 275-276, alors que la disparition de l’ordre équestre dans les années 312-326 va changer l’organigramme hiérarchique impérial ainsi que le pouvoir personnel de l’Empereur qui devra laisser sa place à une tétrarchie. Voilà les conséquences indirectes d’une crise que les historiens appellent « la crise de 50 ans » (235-285). Mais les Sévères sont ils vraiment les vrais coupables ? Ne faudrait-il pas trouver la source de la crise avec l’arrivée des premiers provinciaux sur le trône impérial ? La provincialisation n’était-elle pas la source des maux de Rome ? Et l’Edit de Caracalla n’est-il pas la conséquence directe d’une perte d’identité romaine ?


L’opinion publique britannique et le conflit israélo-arabe dans les années 60.

                                     


Introduction :


L’Etat d’Israël est à peine proclamé en 1948 que la première guerre israélo-arabe éclate après la non application du plan de partage entre l’Etat juif et l’Etat arabe. Les arabes voient en Israël un état fantoche de l’impérialisme alors que les israéliens voient la création de leur état comme la rectification d’une injustice historique. En 1956, c’est la crise de Suez contre la nationalisation du Canal de Suez par Gamal Abdel Nasser. Nasser apparaît au yeux du monde comme le leader du nationalisme arabe et l’Egypte comme le défenseur de ce nationalisme. En 1967, se déroule du 5 au 11 juin 1967, le troisième conflit israélo-arabe que l’historiographie a nommé « la guerre des six jours ». Six jours pendant lesquels l’opinion publique et les gouvernements ont vécu sous tensions. Dans ce contexte, le sondage d’opinion s’avère être un moyen d’enquêter au travers d’un échantillon aléatoire de la population afin de pouvoir répartir les opinions au sein d’une population sur une question, ou un sujet donné dans le but d’y extrapoler une conclusion valable pour un ensemble. La nature des documents sont issus de l’institut de sondage Gallup, Institut fondé en 1935 par l’américain et statisticien Georges Horace Gallup qui put dès 1936 prouver l’efficacité de son invention grâce à ses prévisions sur les élections présidentielles américaine. Cet institut s’est depuis étendu aux autres pays, et notamment en Grande Bretagne. Ces sondages doivent nous permettre de pouvoir donner un point de vue général de l’opinion publique sur la période allant de Juin à Novembre 1967, c’est à dire du 5 juin, début des hostilités au 22 novembre date de la résolution 242 de l’Onu.

 

enjeux : comment au travers de l’opinion publique britannique on peut comprendre la politique de la Grande-Bretagne dans la fin des années 60 et le poids de la guerre des 6 jours  dans le contexte internationale?





  1. Le poids de l’opinion publique face à la politique gouvernementale.


  1. L’opinion publique


L’opinion publique se montre hostile aux arabes en Angleterre, seul 2% pendant la guerre sont solidaires des pays arabes, malgré le fait que ce soit Israël qui ait lancée la première attaque ce sont les pays arabes qui sont vus comme les agresseurs. En effet, la politique arabe scande la destruction de l’Etat juif, d’où image d’un Nasser représenté en chef charismatique du nazisme. C’est donc le syndrome d’Auschwitz pour reprendre les termes de Pierre Hazan qui prédomine et Ephraïm Tari a écrit qu’à l’exception de quelques « justes » nul n’avait levé le petit doigt pour sauver les juifs de la « solution finale ». c’est devant cet état de fait que l’opinion publique occidentale se mobilise dans de grandes manifestations populaires en accordant son soutien à Israël traduit par 55% des sondés. La population soutient le pays dont l’image renvoie à celle d’un pays encerclé par des pays arabes scandant la destruction de l’Etat d’Israël. L’Angleterre s’identifie au travers de cet isolement à celui qu’elle a connu lors de la bataille d’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale. De plus l’insularité britannique se retrouve au travers de l’image d’un Etat juif perdu au milieu d’un océan arabe. Il y’a donc une identification de la population britannique. Ainsi on comprend mieux que dans l’immédiat après guerre 4% de l’opinion britannique penche en faveur de la solidarité à Israël, c’est l’image de David triomphateur de Golliat, et donc encore cette image de l’Angleterre qui avait réussi à participer à la victoire de 1945 alors qu’elle avait était au bord de la capitulation.

Seul la presse communiste supportent les pays arabes adoptant de fait la ligne de conduite du gouvernement Russe. Il est dès lors intéressant d’étudier la ligne de conduite gouvernementale britannique pour voir si elle est en accord avec l’opinion de la rue.

 

b- la politique du gouvernement

 

Les Anglais sont de tradition arabophile, une position qui s’explique par leur passé colonial dans la région ; l’Iraq, l’Egypte sont des pays ayant été sous la domination Anglaise. La région Moyen-Orientale apparaît dès lors comme liée à l’Angleterre.

Le gouvernement travailliste de Wilson est lui même divisé sur la question. Le premier ministre choisi le côté israélien ainsi qu’une petite majorité de son parti. Par contre le ministre des affaires étrangères Georges Brown est perçu comme un sympathisant de la cause arabe, la gauche travailliste se partage donc en deux groupes assez égales. Par contre, les conservateurs sont eux plus proche du parti Arabe ce qui s’explique par la présence de l’Empire Britannique au Moyen Orient et des relations qu’elle entretien avec ses pays. Certains voient en la défaite de Nasser la juste punition pour avoir voulu nationaliser le canal de Suez et pour avoir contraint les Anglais, les français et israéliens au retrait en 1956. Une division qui peut expliquer les 71% des sondés à refuser d’engager leurs forces armées. Mais, la création de l’Etat d’Israël en 1947, apparaît aussi comme être un problème colonial mal résolu. Lorsqu’ Abba Eban, le ministre des affaires étrangères israélien est reçu à Londres par son homologue Georges Brown avant les hostilités, ce dernier avoue que Nasser a outrepasser les bornes, et qu’il faut le stopper pour son bien. De plus, Wilson, assure que l’Angleterre appuiera toute initiative des Etats Unis ou de l’Onu pour rétablir la navigation dans le golfe d’Akaba, c’est à dire participer militairement s’il le faut dans la région. Le gouvernement prend donc une position pro-israélienne. Il faut donc trouver une autre cause peut être plus révélatrice de la position anglaise

 

c- le déclin britannique


Le discours du premier ministre se trouve en désaccord avec l’opinion publique, puisque 17% seulement des sondés souhaitent suivre les USA en cas de soutien militaire. Ce faible pourcentage s’explique de plusieurs façon, la Grande Bretagne conserve une présence économique, culturelle, politique et militaire importante dans la région qu’elle ne veut pas perdre. Les années 60 marque un tournant de la politique étrangère de l’Angleterre, elle laisse apparaître un certain déclin qui pousse Wilson à adopter une politique extérieure de type conservatrice.

Concrètement cela veut dire que le gouvernement doit continuer à peser de tout son poids là où sa présence est nécessaire, mais l’évacuation d’Aden en 1966, est un signe précurseur d’un recul britannique. Un recul visible dès 67 avec l’annonce de l’abandon des bases de Singapour et de Malaisie.


La politique étrangère est dès lors passée comme le souligne Monica Charlot : « d’une présence militaire britannique inéluctable à celle de l’inéluctable retrait ». Les raisons sont d’ordres économiques, l’évacuation de l’Est de Suez devait permettre au gouvernement de remonter la pente. Il faut savoir que le coût de la présence Anglaise dans la région est estimé à 310 millions de Livres. On comprend mieux que ces restrictions économiques appelle le gouvernement britannique à la prudence.

L’Angleterre n’était pas économiquement prête à supporter le poids d’une guerre.

la Grande Bretagne montre qu’elle a su tirer les leçons de la crise de Suez puisqu’elle s’aligne sur les USA, avouant de fait qu’elle n’est plus une grande puissance mais une puissance moyenne qui ne contrôle pas le conflit malgré ses intérêts dans la région.

 

II- La guerre froide en toile de fond


a- Le conflit israélo-arabe au cœur de la guerre froide



La tension de la crise de Cuba était retombée, laissant place à une période de détente entre les deux grands et c’est comme ça que la guerre froide au début de l’année 1967 paraît s’estomper devant l’équilibre de la terreur. Pourtant la guerre des six jours montre que la coexistence pacifique entre les deux blocs ne tient qu’à un fil. Le poids des USA dans la région est assez limité, les obligeant à se trouver dans une position défensive. La volonté géostratégique des Usa est de pouvoir constituer une alliance régionale des pays arabes ainsi que du Pakistan afin de pouvoir endiguer le communisme.


Dans ces conditions Israël s’avère être le seul pays stable et suffisamment puissant sur lesquels les américains peuvent s’appuyer pour établir une tête de pont solide dans la région. L’équilibre de la terreur a eu pour principal effet de diminuer l’importance stratégique de la France et du royaume uni. L’Urss se rapproche des pays arabes notamment dans le domaine de l’armement. Mais le président américain ne souhaite pas que 1967 soit une répétition de 1956, et envoie la 6ème flotte faire mouvement vers les zones du conflits, pour sauvegarder l’intégrité et l’indépendance d’Israël, en menaçant d’intervenir militairement. On comprend dès lors que dans l’opinion publique Anglaise le conflit israélo-arabe soit perçu par 33% des sondés comme un risque sérieux de guerre mondiale.


Pour 50% d’entre eux, cela représente un certains risque, ce qui veux dire que 83% des britanniques ont conscience que la guerre des six jours dépasse le simple affrontement israélo-arabe et s’inscrit dans le cadre d’une menace de guerre mondiale où les deux grands s’affronte par pays interposés. D’où la condamnation par Brown du retrait des forces de l’Onu, dernier verrou de la paix. Dans ce jeu entre les deux grands la population Anglaise se rend compte qu’elle n’est plus une grande puissance puisqu’elle n’a pas la possibilité de pouvoir faire redescendre la tension. D’où la volonté de vouloir jouer un rôle diplomatique important.


 



b- « Une victoire empoisonnée » ?


Dès le 7 juin les exportations de pétrole avaient été arrêtées en direction de l’Angleterre et des Usa. Ils sont victimes du boycott, l’arme du pétrole devient pour les Arabes la solution au conflit qui les oppose à Israël. Pour eux, Israël est un fait colonial et sans ses protecteurs « impérialistes », l’Etat sioniste ne peut survivre longtemps. Les irakiens proposent de continuer à fermer le canal de Suez, ainsi que d’arrêter le pompage du pétrole et de n’en exporter qu’aux pays qui ne soutiennent pas Israël, mais aussi de retirer les fonds arabes des banques américaines et anglaises tout en décrétant un embargo commercial vers ces deux pays. mais division entre les pays arabes conservateurs et progressistes

La victoire éclair d’Israël, a permit d’établir un nouvel ordre dans la région, Israël s’affirme comme la première puissance militaire moyen-orientale, et l’URSS reconnaît l’existence d’Israël. Alors qu’au contraire les pays arabes ont une politique d’immobilisme vis-à-vis d’Israël. C’est ainsi qu’à Khartoum (Soudan) se tient du 29 août au 1er septembre un sommet réunissant les pays arabes sauf la Syrie qui la boycotte. De cette conférence, il en ressort les trois NON,  le Non à la paix avec Israël, le Non à la négociation, ainsi que le Non à la reconnaissance d’Israël. Dans le tableau n° 4, on peut voir que l’opinion publique britannique soutient massivement la politique israélienne d’après guerre. 34% en juillet sont pour qu’Israël conserve certains territoires clefs pour pouvoir assurer sa propre sécurité. Le 28 juin 1967, la Knesset, le parlement israélien annexe la partie Est de Jérusalem, ville symbolique dans la religion juive, mais elle l’est aussi dans la religion arabe 42% en juillet sont pour qu’Israël garde tous les territoires.



c- la résolution 242 .


La résolution 242 a été proposé par Georges Brown dans le but de régler pacifiquement le conflit israélo-arabe, elle a été adopté à l’unanimité par le conseil de sécurité. Pour l’opinion britannique les Israéliens se sont plutôt bien comportée après la guerre, ils ont en effet proposer de faire la paix, mais pour 18%, ils se sont mal comportée, en septembre, il y’a les 4 premières colonies qui sont implantés par les Israéliens, d’où le fait qu’il y’ait 40% de l’opinion qui ne se prononce pas, acceptant de ce fait que le royaume uni ne peut plus jouer de rôle dans la région, mais cela peut aussi montrer une certaine lassitude de la part de l’opinion britannique qui se traduit dans le tableau 4 par une hausse de 10% en novembre des sans opinions. Mais la résolution 242 met au jour un nouveau problème celui des palestiniens. D’où le refus de la résolution 242 par l’OLP et la Syrie, alors que l’Egypte et Israël l’ont accepté mais ne peuvent l’appliquer. Israël refuse de retourner sur ses frontières d’avant guerre sans avoir eu de relations directes avec les pays arabes pour pouvoir négocier la reconnaissance de l’Etat juif. D’où l’ambiguïté de l’opinion britannique c’est qu’elle ne sait pas vraiment si Israël s’est bien comporté en refusant de revenir à ses frontières alors que le monde attendait un geste de portée historique de sa part qui aurait pu faire retomber les tensions Est-Ouest dans la région ainsi que de trouver une solution durable entre les arabes et les juifs.

 





CCl :

La non application de la résolution 242, montre que la diplomatie britannique ne peut gérer le conflit israélo-arabe même de façon diplomatique. Pourtant les sondages ont permis de voir qu’il y’ a une prise de conscience des tensions existantes entre Washington et le Kremlin, et que le déclenchement d’une guerre mondiale n’est plus entre les mains de leur gouvernement. Ce qui se matérialise par un recul de la puissance britannique sur la scène mondiale. De plus, même sous la pression de la rue pas un seul pays n’a dévié de sa ligne politique, d’où la réelle question se pose de savoir quel est le poids de l’opinion publique dans la conduite du pays et dans la résolution des grandes crises politiques ?